DU BRONZE AU FER
DU BRONZE AU FER
1- Références
Une nouvelle analyse ADN révèle l'origine des Philistins :
https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2019/07/une-nouvelle-analyse-adn-revele-lorigine-des-philistins
Les invasions des Peuples de la mer et les bouleversements de la fin de l'âge du Bronze (Carte)
https://www.worldhistory.org/uploads/images/15310.png?v=1720139823-0[https://www.worldhistory.org/uploads/images/15310.png?v=1720139823-0]
Corse - Les guerriers de pierre sortent de l'ombre.
https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/en-corse-les-guerriers-de-pierre-sortent-de-l-ombre_164533.amp
Parmi les compagnons de route des Shardanes, les «Shekelesh».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Shekelesh
Et les Phéniciens, qui sont-ils par rapport aux Philistins, ex-peuple de la mer ?
Traduit de l'anglais :
https://www.reddit.com/r/AskHistorians/comments/3n8t6q/what_were_the_differences_and_similarities/?tl=fr&rdt=61938
2- Qart Hadasht
Les envahisseurs, d'où qu'ils viennent et quelles que soient leurs croyances, s'intègrent ils aux peuples conquis ?
de l'âge du bronze.
Selon l'opinion classique, ils se sont éteints avec lui.
Les découvertes archéologiques du cimetière Philistin d’Ashkelon en 2016 montrent que cette explication quasi mécanique n'est que la partie émergée d'un iceberg historique qui refuse de fondre depuis 3000 ans.
Ce thème essentiel de la haute antiquité qui par certains aspects ressemble cruellement à notre présent, attire toujours la foudre idéologique.
Parler d'histoire et accepter les faits sans les déformer est toujours aussi difficile pour les esprits qui la conjuguent au présent en espérant choisir leur passé.
Qart Hadasht (𐤒𐤓𐤕𐤟𐤇𐤃𐤔𐤕).
Un peuple soumis à un envahisseur sans partage peut-il devenir un conquérant par nécessité ?
De l'Occident à l'Orient, de Mycènes aux «Âges sombres» puis à la Grèce de Périclès, du rêve d'empire multi culturel d’Alexandre aux royaumes indo-grecs de Bactriane, comment faire succéder la paix à la guerre.
Aujourd'hui encore, que faut-il faire ?
Où en est notre diplomatie high tech ? Alors que nos discours stériles s'épuisent en vaines solutions, comment le peuple du phœnix pourpre a t-il fait il y a 2700 ans pour fusionner autant de contraires dans la magnifique Qart Hadasht ?
Des rives du Moyen-Orient, aux côtes de l'Afrique, jusqu'aux Alpes, traversant l'Espagne Ibère, la Corse, la Sardaigne et la Sicile.
Qart Hadasht fut rasée au sol par l'orgueil de Rome, qui survécu par miracle aux éléphants et au génie militaire d'Hannibal Barca, fils d’Hamilcar, uni à Himilce, princesse Ibère : «Delenda Carthago est».
De Tyr à Carthage, réfugié sur une côte exiguë et lointaine, la mer infinie devient le formidable royaume d'un peuple qui a apprivoisé les vagues pour survivre à ses puissants voisins.
L'appel du grand large aurait été inspiré par les envahisseurs égéens de l'âge du bronze.
Alors qu'un petit berger habile avec sa fronde devenait un grand roi, quittant les côtes où le murex («le pourpre de Tyr») faisait leur fortune, les Phéniciens seraient à leur tour le modèle du «Peuple de la mer» à l'âge du fer.
Tirant les leçons des échecs de leurs prédécesseurs égéens, ils utiliseront avec dextérité une arme moins meurtrière, efficace en tous lieux, dépassant les conflits idéologiques et religieux ; le commerce.
Il n'aura de limites que le trait des côtes où les vagues tirent leur révérence en laissant au mouillage les navires qu'elles ont porté jusque là avec l'aide du vent.
Il faudrait en parler un peu aussi.
Enfin, un peu...ça dépend.
3- Abjad, le chant des signes.
Entouré de puissants royaumes où que le regard se porte, le Phoenix (*) voit aussi croitre de jeunes rois inspirés parmi ses voisins proches et parfois alliés.
Portées par l'espoir de ceux qui attendent celui qui les unira, les tribus se regroupent.
Le ciment d'un peuple durcit peu à peu, il restera le seul rempart face aux empires conquérants.
Que deviendront les petits rois des grandes cités marchandes, rendues riches par le commerce maritime ou l'or rouge du Murex. Cette petite vésicule broyée à l'odeur insoutenable pour le nez des acheteurs venus de fort loin.
Pourtant habitués aux produits les plus exotiques, à la chimie douteuse ou à l’hygiène incertaine.
Le pourpre rend fou.
Le porter en cape, ou mieux en être vêtu de la tête aux pieds avec une toge aux plis infinis, attire les regards admiratifs et suscite l'envie.
Il faut éblouir les princes concurrents, que leurs pupilles se dilatent devant le rouge sang qui bat dans les veines de Tyr.
Paraître.
Enviable sans avoir à justifier de ses compétences politiques ou militaires.
Un raccourci matérialiste visuel élégant pour donner l'illusion du pouvoir.
Mais un jour tant de richesses dans un espace si modeste susciteront la colère d'un seigneur de la guerre.
Il viendra prendre de force cette grâce pourpre que son seul verbe ne peut atteindre.
Le Phoenix sera dominé par le glaive.
Tyr, Sidon et Byblos le savent. Ce n'est qu'une question de temps.
Toutefois, retranché à Quart Hadasht il a encore une arme secrète dans sa manche rouge sombre.
Un des plus anciens abjad de l’histoire.
C'est à dire un alphabet consonantique non pictographique, utilisé pour l'écriture des langues cananéennes et en particulier du phénicien.
Remarquable par sa logique, sa simplicité et son universalité, puisque applicable à toutes les langues occidentales et orientales, ce système graphique phénicien est à l’origine de pratiquement tous les alphabets occidentaux et proche-orientaux utilisés aujourd’hui.
Considéré comme le « père » de tous les alphabets modernes, les premières traces de son utilisation remontent à 10 000 av. J.-C., sur une vaste zone au Proche-Orient qui couvre les frontières actuelles du Liban, d’Israël, de la Syrie et de la Jordanie. Érigés sur les vestiges de l’antique Phénicie.
Les Phéniciens (parfois nommés eux- mêmes par extension «Cananéens» bien que leurs origines plus lointaines divergent) opérèrent une révolution majeure qui influencera les civilisations suivantes.
Ils sont en effet les premiers à avoir eu l’idée d’illustrer les sons de la parole par des signes simples arbitrairement choisis et mémorisables, marquant un virage prépondérant dans l’histoire de l’écriture.
Composé de 22 signes, le système phonétique phénicien s’appuie sur des représentations très simplifiées. Réputé particulièrement simple à apprendre et à comprendre, l’alphabet phénicien a été assimilé par de nombreuses cultures. L’alphabet araméen, proche de l’alphabet hébreu, est ainsi une forme évoluée du phénicien, au même titre que l’alphabet arabe moderne ou l’alphabet grec.
Il est désormais acquis que l’alphabet fut adopté par la Grèce Antique au 8e siècle av. J.-C.
Héritage direct du phénicien, utilisé par Pythagore, Hérodote et Platon, cet alphabet sera l’un des atouts majeurs du rayonnement de la Grèce sur toute l’Europe Antique.
L'alphabet latin est quant à lui dérivé de l'alphabet étrusque, lui-même variante d'un type d'alphabet grec légèrement différent de l'alphabet grec classique.
Où que le regard se tourne, quelque soit l'endroit où le doigt se pose au hasard sur une carte qui montre les cotes nord de la belle Écosse jusqu'aux chauds rivages du Proche-Orient, cet abjad a fait l'unité scripturale de tous ces peuples si différents.
Les voyelles s'y sont installées sans que les acquis antérieurs disparaissent.
S'ils devaient plaider leur cause, tous pourraient au moins invoquer cette fabuleuse création intellectuelle collective pour leur défense.
Une réussite commune à tous et toutes.
Non, non, non...impossible !
Allons donc.
Ces signes sans frontières sont loin de s'éteindre, ils chanteront longtemps encore.
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(*) Phœnix ou phoenix (du grec ancien : φοῖνιξ, au sens probable de « rouge sang »), est un oiseau mythique, doté d'une immense longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître soit de ses restes, soit des flammes de son bûcher. Il symbolise ainsi le cycle de la mort suivie de la résurrection.
D'où l'identifiant phoenicos, phénicien, mais aussi le terme «punique».
Les Grecs donnaient aux Phéniciens le nom de «Sidoniens» (peuple de Sidon) avec lesquels ils commerçaient et les rois de Tyr entretenaient des rapports avec la monarchie d'Israël, parvenue à son apogée à la même époque.
Cet «âge d'or » prend fin progressivement avec l'arrivée des Assyriens en 876 av JC, suivie des Babyloniens, puis des pharaons saïtes, des Perses et enfin d’Alexandre le grand qui s'empare de Tyr en 332 av. JC après un long siège.
L'histoire phénicienne se confondra ensuite avec celle du monde hellénistique.