Lire, parler et écrire l'Akkadien (Babylone,1750 av.JC)
Absolutisme 5 - Lire, parler et écrire l'Akkadien (Babylone,1750 av.JC)
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1- Le Code d'Hammurabi
C'est un texte juridique babylonien daté d'environ 1750 av. J.-C., à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique.
Il a été découvert en 1901/1902 à Suse en Iran, gravé sur une stèle de 2,25 mètres de haut comportant la quasi-totalité du texte en écriture cunéiforme et en langue akkadienne, exposée de nos jours au musée du Louvre (salle 227) à Paris.
Y apparaissent des informations essentielles pour la connaissance de différents aspects de la société babylonienne du XVIIIe siècle av. J.-C. : organisation et pratiques judiciaires, droit de la famille et de la propriété, statuts sociaux, activités économiques, entre autres.
Après une première moitié de règne peu active sur le plan militaire, Hammurabi réussit à vaincre et annexer ses voisins, dominant alors la majeure partie de la Mésopotamie.
C'est donc le véritable fondateur du royaume babylonien en tant que puissance politique de premier plan dans l'histoire du Proche-Orient ancien.
Le royaume babylonien dispose de structures judiciaires typiques de la tradition mésopotamienne :
Le roi est le juge suprême, les membres de l'administration (notamment les gouverneurs) ont souvent des attributions judiciaires de même que les autorités locales (conseils d'Anciens et conseils de quartiers dans les villes), mais il existe également des juges professionnels (Dayyānum).
Ces autorités rendent souvent justice de façon collégiale, après une procédure d'instruction reposant sur la recherche de preuves, notamment des témoignages et des documents écrits comme les contrats.
Cela explique la quantité de documents juridiques connus pour cette période.
2- D'où vient la langue akkadienne ?
(Akkadian - Faculty of Asian and Middle Eastern Studies)
L'akkadien était la langue principale de l'ancienne Mésopotamie (correspondant approximativement à l'Irak actuel) .
Parlée par les Assyriens au nord et les Babyloniens au sud, elle a survécu comme langue écrite jusqu'au Ier siècle après J.-C.
L'akkadien (akkadū en akkadien) est une langue chamito-sémitique éteinte, de la famille des langues sémitiques, fortement influencée par le sumérien.
Elle était parlée en Mésopotamie au moins du début du IIIe jusqu'au Ier millénaire av. J.-C.
Le nom de la langue vient de celui de la ville d'Akkad, capitale de l'empire du même nom.
Au cours du IIe et du Ier millénaire av. J.-C., l'akkadien est représenté par deux dialectes : le babylonien dans le Sud de la Mésopotamie (Babylonie) et l'assyrien dans le Nord (Assyrie).
Au cours des derniers siècles, il est de moins en moins parlé, progressivement remplacé par l'araméen ; il est encore utilisé comme écriture savante par les lettrés de la Babylonie tardive.
⦁ L'akkadien est attesté par des dizaines de milliers de tablettes cunéiformes comprenant des textes de nature variée — récits mythologiques, textes juridiques, travaux scientifiques, correspondances, historiographie, poésie, etc., ce qui en fait la langue la mieux documentée du Proche-Orient ancien.
⦁ Durant une bonne partie du IIe millénaire av. J.-C., c'est la langue véhiculaire du Moyen-Orient, notamment pour la correspondance diplomatique.
Par son appartenance au groupe des langues sémitiques, l'akkadien relève d'un groupe plus vaste dit afro-asiatique, ce qui l'apparente entre autres à l'égyptien ancien et aux dialectes berbères.
⦁ Par ses origines, l'akkadien présente donc les traits caractéristiques des langues sémitiques, ce qui a facilité son déchiffrement au milieu du XIXe siècle.
⦁ Sa phonologie est similaire à celles des autres langues du groupe, quoique simplifiée, avec la présence de plusieurs triplets de consonnes sourdes/sonores/emphatiques (k/g/q, t/d/ṭ).
⦁ Sa morphologie repose comme les autres langues sémitiques sur la présence de racines consonantiques dont la séquence est invariable et permet de former la plupart des mots.
⦁ La présence de trois cas et de trois nombres (singulier, pluriel, duel) est également une caractéristique des langues sémitiques qui ont conservé des traits anciens.
⦁ Le fait que les verbes se conjuguent en fonction de leur aspect « accompli » ou «inaccompli » est caractéristique des langues sémitiques.
Un autre trait de l'akkadien absent des autres langues sémitiques et qui peut remonter à l'afro-asiatique est le fait que «l'inaccompli» y est marqué par le redoublement de la seconde consonne de la racine.
3- Écriture
C'est grâce aux textes en écriture cunéiforme que la langue akkadienne a pu être déchiffrée dans le milieu du XIXe siècle. Particulièrement à partir des traductions de textes rédigés en vieux perse, la langue des rois achéménides.
Notamment par des textes trilingues comme l'inscription de Behistun, qui met en parallèle une version en perse et une autre en akkadien.
Pour celles et ceux qui ont des exposés et qui soupirent en cherchant un sujet... voyagez dans le temps, plongez dans le passé !